Archive for the “Politique Contemporaine” Category
Le Mouvement Démocrate mène une campagne de terrain, une campagne axée sur les enjeux de la région, et plus généralement sur les problèmes que rencontrent nos concitoyens dans leur vie.
http://www.dailymotion.com/videoxcjul8
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Posted by: Philippe Fintoni in Agir local, Démocratie, Humanisme, Modem, Politique Contemporaine, Pratiques politiques, Régionales 2010, tags: avenir, gouverner, Humanisme, justice, Régionales 2010, valeurs
Comme des nombreux autres habitants des pays de la Loire, vous hésitez peut-être à voter aux prochaines élections régionales. Ce serait pour vous une façon d’exprimer votre indifférence, votre méfiance ou votre défiance envers « les politiques ».
Comme vous, à un moment, nous aussi, nous partagions vos sentiments. Nous avons estimé qu’à trop de promesses non tenues, nous n’avions plus confiance.Nous étions fatalistes devant la complexité du monde actuel et devant toutes les connivences et les arrangements entre « amis bien placés ». Nous étions résignés face au système en place.
Mais comme vous, nous pensons à notre avenir, à celui de nos enfants et à la société dans laquelle ils vivront.
Que voulons-nous laisser à nos enfants ?
Nous ne voulons pas d’une société dirigée par un marché sans règle et nous ne voulons pas plus d’une société qui nous assiste sans traiter les problèmes de fonds.
Nous voulons une société humaine, équilibrée et juste pour mieux vivre demain.
Parce que, ce que nous voulons :
- C’est la justice plutôt que la charité face aux inégalités,
- Ce sont les bonnes décisions plutôt que les promesses électoralistes,
- C’est agir et ne pas subir et être assisté,
- C’est sortir du duel stérile et couteux entre la droite et la gauche,
Parce que nous croyons :
- A l’honneur d’élus responsables face au déshonneur des politiciens actuels qui n’assument pas leurs erreurs,
- Aux bonnes idées partout, nous voulons offrir à chacun la représentation publique qu’il mérite,
- Que gouverner c’est prévoir et non courir après l’actualité,
- Que gouverner c’est exercer le pouvoir au nom de l’intérêt de tous et pas pour des intérêts économiques ou financiers particuliers,
- Qu’il faut une proportion de non marchand et de non rentable dans une société pour durer.
Nous nous engageons à faire de la politique autrement pour une société ou l’humain sera au centre des questions de société ; et la constitution de notre équipe est le reflet de la vraie vie, elle vous ressemble.
Vous avez, maintenant le choix :
- Ne pas voter, ne pas vous occuper de politique mais la politique s’occupera de vous tout de même.
- Soutenir encore un fois la gauche ou la droite, co-responsables de la crise actuelle.
- Ou, si comme nous, vous aspirez à une société plus humaine, à des élus intègres, libres et indépendants, qui se soucient des autres, des élus de confiance car nous feront ce que nous disons, alors apportez nous votre soutien pour nous tous et nos enfants,
Les candidats libres et indépendants,

http://paysdelaloiredemocrate.fr/
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Concernant le projet de plateforme aéroportuaire à Notre Dames des Landes, nous sommes les seuls, parce qu’indépendants, à pouvoir librement nous y opposer ET nous sommes les seuls à proposer un maillage ferroviaire complet de la région, pour son développement équilibrée et pour améliorer la qualité de vie de tous.
http://www.dailymotion.com/videoxc658n
La dépêcehe AFP :
>NANTES, 8 fév 2010 (AFP) - 18h24
François Bayrou hostile au nouvel aéroport Grand Ouest
Le président du Modem, François Bayrou, en visite lundi dans la région nantaise pour soutenir ses candidats aux régionales, s’est montré hostile à la réalisation du nouvel aéroport Grand Ouest soutenu par le PS et l’UMP qui, selon lui, va “contre la logique des temps”, L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes “va coûter peut-être 1 milliard et demi, 2 milliards en un temps où il n’y a plus d’argent public disponible”, a indiqué M. Bayrou à l’AFP. “Tout le monde sait que les voyages aériens de courte distance vont de plus en plus être remplacés par du ferroviaire et des lignes à grande vitesse. Ca va donc contre la logique des temps”, a-t-il poursuivi. Selon lui, “la seule raison” à la construction de cet aéroport reconnu d’utilité publique en 2008 pour remplacer celui de Nantes-Atlantique, “c’est prendre les 300 ha (…) pour faire de l’urbanisation et de la promotion immobilière”. “Cela va aussi contre la logique des temps car on n’a pas besoin de concentration dans les métropoles”, a souligné M. Bayrou. Le leader du Modem qui a signé l’appel de “l’association des élus qui doutent de l’intérêt du projet”, regrette également que le projet n’aille “pas dans le sens d’un développement durable”. Il décrit le futur site comme “une région de bocage entièrement préservé à une demi-heure de Nantes”. “1.650 hectares seront livrés aux bulldozers et bétonneuses”, dit-il, regrettant la destruction d’un “trésor inestimable aux portes d’une métropole” alors que “tout le monde sait qu’il y a l’équivalent de la surface d’un département français en terres agricoles qui disparaît tous les 10 ans”. Reconnu compatible avec le Grenelle de l’environnement, le nouvel aéroport est soutenu par le PS et notamment le président sortant de la région Jacques Auxiette, tête de liste PS, mais combattu par d’autres formations politiques comme Europe écologie et le Modem.
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Posted by: Philippe Fintoni in A St Brévin, Agir local, L'actualité, brèves réactions..., Modem, Politique Contemporaine, Pratiques politiques, Régionales 2010, tags: développement, estuaire, Franchissement de la Loire, territoires
Qu’il s’agisse du dossier officiel du projet d’aéroport régional ou du dossier d’un nouveau franchissement de la Loire, l’UMP adopte des positions électoralistes de circonstances et remet en cause les dossiers présentés par les Préfets pourtant représentants de l’État.
Concernant le projet d’aéroport de Notre Dames Des Landes, les faits montrent un soutien sans faille depuis la signature du projet par François Fillon à ce projet trop cher économiquement et catastrophique pour l’environnement ; et les deux conditions posées par Christophe Béchu sont de pure forme, des annonces de campagne.
De plus, les propos tenu lundi 2 février 2010 en conférence de presse, « il y a bien « une faille » dans l’argument saturation de la piste, sont surprenant et ils remettent en cause le dossier officiel sur la partie trafic aérien, argument majeur pour le transfert de l’aéroport nantais..
Le préfet n’est il pas le représentant officiel de l’État ? L’État n’est-il pas administré par un gouvernement UMP ?
Concernant le nouveau franchissement de la Loire, la déclaration suivante « je suis surpris que ni la Région, ni le département, ni Nantes n’aient pas mis plus d’énergie pour interpeller l’État sur ces dossiers » confirme le classique renvoie de responsabilité et d’initiative entre l’UMP et le PS.
C’est comme si nous avions à faire à deux enfants devant un ruisseau, chacun annonce qu’il sautera sur la berge d’en face quand l’autre aura sauté, nous élus actuels se chamaillent mais ne construisent pas l’avenir.
Nous nous engageons à :
- Stopper le projet de transfert de l’aéroport pensé il y a 40 ans, qui n’a pas la valeur économique qu’on lui donne et qui est un non sens pour l’environnement. Nous proposons d’investir pour toute la région en améliorant les dessertes de transports grâce à une offre de TER plus dense, en optimisant les aéroports existants et en redéployant les lignes ferroviaires existantes et la création d’une nouvelle ligne LGV.
- Pour le nouveau franchissement de la Loire, nous demandons la réalisation par un organisme indépendant d’une étude sur la structure du pont de St Brévin/ST Nazaire. Les « rumeurs « de fragilité et de faiblesse de certaines parties de l’ouvrage (tablier central, béton des piliers) s’appuient sur le constat par les usagers de travaux permanents.
Nous allions ce projet de franchissement de la Loire au projet de B. Fourage - Esg Infra et posons la question suivante : Doit-on investir pour construire un nouvel aéroport quand l’existant fonctionne et n’est pas saturé ou doit-on investir pour assurer le franchissement de la Loire dans l’avenir quand les ponts existants sont eux saturés et en fin de vie comme celui de l’estuaire ?
Et nous intégrerons ce projet dans la re-négociation à mi 2010 du contrat État-Région.
http://paysdelaloiredemocrate.fr/
Philippe FINTONI
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Posted by: Philippe Fintoni in Conseils de lectures, Démocratie, Economie, Humanisme, Politique Contemporaine, Pratiques politiques, tags: crise économique, croyances, dérégulation, Economie, politique, privatisation
” Il s’agit de trouver le moyen de subordonner l’économie au politique.”

C’est la conclusion de l’éditorial de Ouest France (ouvert à Dick Oward, auteur de Aux origines de la pensée politique américaine - Pluriel) et en lisant ce texte, j’ai repensé à l’analyse de l’économie actuelle faite par Jean Claude Guillebaud (La force de conviction, A quoi pouvons-nous croire ? - Points) dans un chapitre intitulé : L’économie saisie par le cléricalisme. Tout d’abord, il révèle que le discours néolibéral est très proche de la vulgate communiste et “les principaux articles de foi” se retrouvent dans ces deux doctrines. Est-ce un élément qui explique l’accord signé entre l’UMP et le Parti Communiste Chinois ?
Voici donc, pour l’auteur, les 7 croyances de l’évangile néolibéral :
1 - Le premier postulat est que l’économie prime sur le politique, que la logique de marché l’emporte sur la démocratie. Le problème n’est pas d’accorder une certaine importance à l’économie, c’est de lui conférer un rôle de surdétermination, d’en faire une loi première. L’homo- oeconomicus est posé comme la clef évidente de l’explication de la totalité des phénomènes humains, c’est une renonciation à penser la complexité humaine.
2 - La deuxième croyance est la prétention à la scientificité. L’économie est une science, ceux qui la contestent et qui contestent les choix actuels sont dans la déraison, de plus le marché est un processus naturel comme l’est le phénomène des marées.
3 - Troisième croyance jumelle : celle qui consiste à reporter inlassablement au lendemain les résultats bénéfiques. L’avenir radieux et le bonheur nous est promis par les tenants de la dérégulation et de la privatisation planétaire. La société néolibérale globalisée est évoqué comme la future cité heureuse offerte aux individus quand ils seront délivrés de l’Etat parasite et du fisc.
4 - Cette quatrième croyance est elle aussi d’actualité si je puis dire, car c‘est l’indifférence à l’égard des faits, la capacité de résister aux leçons du réel. Ne trouvez vous pas que nos savants économistes médiatiques semblent loin de l’ampleur de la crise et des conséquences ? Les théoriciens libéraux répètent à peu près la même chose : si les résultats attendus des politiques de dérégulation et de privatisation ne sont pas au rendez-vous, c’est parce qu’on n’a pas assez dérégulé et privatisé. La vérification de cette loi/croyance est sans cesse renvoyée vers le futur, c’est une échappatoire. J’ai eu l’occasion de tester cette loi lors d’une longue discussion animée avec un “copain ultra libéral ” et en fin de débat, acculé, il a pratiqué le déni de réalité et exprimé cette attente de dérégulation totale pour, enfin, retrouver de la croissance et résoudre tous les problèmes !
5 - La cinquième croyance est donc la suite logique du point précédent. Un néolibéral qui fait face à un contradicteur qui s’appuie sur les faits, prendra une posture de suffisance, de dédain, d’agacement. Comment peut-on et ose-t-on remettre en cause ma croyance , que le chômage, la pauvreté ou les inégalités sont la conséquence des excès de réglementation et de rigidité ?
6 - Le sixième croyance, d’essence religieuse, c’est le fait d’attribuer à une minorité d’avant garde la tâche d’éclairer la route, de conduire les masses vers leur propre bonheur. Les élites sont censées jouer ce rôle, car elles seules sont informées, savent…En conséquence de quoi, celui qui exprime un point de vue différent n’est pas dans le débat, comme c’est la règle en démocratie, mais dans la faute moral de quelqu’un qui ose s’opposer aux experts, il sera traité de “populiste”.
7 - Cette septième et dernière loi c’est l’appel inlassable au changement, à la transformation, faire table rase du passé et donc en finir avec la solidarité collective, les protections sociales, les institutions encadrant l’individu et donnant sens à la vie…
Subordonner l’économie au politique et si possible à une politique humaniste, ce sera un de nos axes d’actions…dans les prochaines années,
Philippe FINTONI
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Posted by: Philippe Fintoni in Conseils de lectures, Economie, Humanisme, Politique Contemporaine, Pratiques politiques, tags: discrimination, Diversité, égalité, intégration, justice, pauvreté
A l’occasion du débat actuel sur l’identité nationale, la réalité des migrations passées et récentes, des multiples niveaux d’intégration sont évidemment abordés. Pour avancer dans la réflexion entre intégration à la “française ” (c’est à dire, vouloir que les nouveaux arrivant vivent le plus rapidement comme ceux qui sont déjà là, sachant que nos pratiques évoluent sans cesse, mais en tout cas que les nouveaux s’approprient l’essentiel de nos idéaux républicains et démocrates) et le multi-culturalisme communautaire de type anglo-saxon, voici La diversité contre l’égalité.
C’est le titre français de l’excellent livre de l’américain W.B. Michaels publié chez Raisons d’Agir qui, s’appuyant sur la politique américaine de diversité, de communauté et de discrimination positive, nous montre les véritables objectifs actuels des néolibéraux et ceux, pervertis, de la gauche, les limites de ces politiques et surtout l’atteinte faite au principe d’égalité, avec comme racine principale des problèmes, l’inégalité économique.
 Plus divers qu'égaux ?
Mon résumé : ” L’introduction transpose cette analyse à la France à travers les discours politiques, les éditoriaux des journalistes dans lesquels on retrouve les mêmes biais. L’erreur de penser qu’en traitant à part chaque communauté, chaque particularité et en les rendant visibles via quelques personnes bien placées, cela résoudra les problèmes économiques et d’intégrations. Il démontre que s’occuper de la diversité permet d’occulter la volonté d’égalité des droits et de réduction des inégalités. Si sur le devant de la scène c’est la diversité alors tout ira bien en coulisse.
Le combat pour la diversité utilisé par les néolibéraux se substitue au combat pour l’égalité et fragilise donc les remparts qui contenaient encore les dérives du système. La gauche, de son côté, en s’évertuant à bannir le racisme, le sexisme (combats dignes) a perdu la volonté de réduire le fossé entre riches et pauvres. Le PS a choisi la voie de la lutte contre les discriminations et l’intolérance pensant que cela apportait de la justice sociale (vraie en partie) mais a oublié de traiter la racine du problème, l’exploitation de certaines catégories sociales. Pendant ce temps l’élargissement du fossé entre les très riches et le reste de la population ne cesse de croitre. En d’autres termes, une justice sociale qui accepte les injustices du système actuel, si dans le groupe des riches il y a proportionnellement autant de noirs, de jaunes, de maghrébins, de blancs, de femmes, d’homosexuels… que dans le reste de la population. Et donc, au fil des ans, à droite comme à gauche, les discours s’accordent sensiblement pour nous dire que le vrai sujet est les différences culturelles et pas les différences économiques.
Ou est le problème ? Dans la volonté de ne plus assimiler les migrants, les différents mais de reconnaitre des “identités raciales” (alors qu’il n’existe pas chez les humains d’entités biologiques appelées races), des identités sociales, culturelles, sexuelles, religieuses, alimentaires… Il est plus facile de dire que les noirs et les blancs sont plus opposés que les riches et les pauvres. Fêter la diversité n’entraine pas dans la voie acceptable de l’égalité économique, aucune question de justice sociale ne repose sur la capacité à apprécier la diversité d’origine ou de culture. Les pauvres, d’où qu’ils viennent, quels qu’ils soient, veulent simplement cesser d’être pauvres.
Parlant d’identité, l’auteur explique que le désintérêt de plus en plus total pour l’idéologie et pour les problèmes d’inégalités s’accompagne d’un attachement de plus en plus important pour l’identité. Un monde composé de gens qui sont différents de nous est bien plus séduisant à penser qu’un monde composé de gens bien plus pauvres que nous. Alors que le problème est l’inégalité économique, la solution proposée est l’identité. L’inconvénient de la diversité, poursuit-il, n’est donc pas seulement qu’elle ne résoudra pas le problème de l’inégalité économique ; c’est qu’elle va jusqu’à en masquer l’existence.
Pour la droite, il n’y a pas de problèmes, les inégalités économiques sont dans l’ordre des choses, comme si les conséquences du marché étaient aussi naturelles que celles des marées.
Quant à la gauche, elle s’attache à attribuer aux pauvres des identités (noirs, maghrébins, homosexuel, femme seule…), les considère comme des victimes de la discrimination et soutien que dans un monde sans discrimination, il n’y aurait plus d’inégalité. D’où l’autre inconvénient de la diversité : elle occulte les différences économiques et les différences entre les deux partis politiques.
Du respect pour les pauvres. C’est pour l’auteur le discours en miroir . La droite néolibérale préfère la notion de statut à celle de classe sociale, quand la gauche (néolibérale ?) choisit la notion de culture. Reformuler ainsi en terme de diversité, respecter les pauvres se dit respecter le statut de l’autre ou la culture de l’autre. Car pour les néolibéraux, il est préférable et aimable de réduire les préjugés sur la diversité (via la discrimination positive…) que de s’attaquer aux problèmes des inégalités économiques. Il serait difficile de renoncer à une perte d’argent pour beaucoup quand il est plus facile de “sacrifier” quelques places dans des écoles, médias et autres lieux visibles. Les tenant des deux camps cherchent donc avec la diversité à établir une société ou il n’y aurait rien de mal à être noirs, asiatiques, paysans, femmes seules, handicapé…ET pauvre.
Cette doctrine implique le respect des pauvres, pas l’élimination de la pauvreté.

Et de conclure que, si c’est en l’égalité des chances que réside notre idée de la justice, alors le parcours historique qui a conduit une personne à naitre pauvre n’a rien à voir avec la seule chose qui compte en la matière, le fait que cette personne n’est pas responsable de son milieu et des conditions de pauvreté.
Donc la vraie contradiction, c’est d’être partisan de l’égalité des chances tout en soutenant tout ce qui contribue à créer l’inégalité en ce domaine. C’est pourquoi on ne convaincra pas les gens en leur démontrant qu’ils agissent à l’encontre de leurs intérêts ( ex : le vote ouvrier en faveur des partis libéraux…), ce qu’il faut, c’est leur monter qu’ils vont à l’encontre de la justice et de l’égalité. “
Philippe FINTONI
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Je vous retranscrit ci-dessous l’article du sociologue Walden Bello publié dans le hors série de courrier international (4ième trimestre 2009). Son analyse et ses recommandations sont assez proches des propositions faites par ” Emmanuel Todd ” dans ” Après la démocratie “ (également abordées lors de sa participation aux rencontres Modem sur l’Europe) et sur le site pour un protectionnisme européen. Protectionnisme, démondialisation (trés parlant) ou dé-globalisation des logiques rentables des entreprises, ces idées sont encore reçues comme forcement négatives, ceux qui les expriment sont anti-moderne et sortent de la pensée unique. Car aujourd’hui plus qu’hier la majorité des firmes (et les autres doivent suivre pour rester concurrentielles) sont en recherches constantes des coûts les plus bas. Les salaires les plus bas sont hors d’Europe, nous créons donc, d’un côté des citoyens chômeurs, pauvres ou en tension salariale qui ne consomment plus ou moins (sauf à s’endetter) et de l’autre des travailleurs pauvres sans réel pouvoir d’achat.
Voici le texte, riche d’analyses et de 11 recommandations qui sont toutes des pistes de réflexions et d’expérimentations… à débattre donc :
Dans leur lutte contre la crise économique actuelle, les gouvernements se sont publiquement targués de leur attachement à la coordination internationales, mais ont en réalité favorisé des plans de relances nationaux conçus pour redynamiser leur propre marché. Ce faisant, ils ont discrètement enterré la croissance par les exportations, qui a longtemps orienté de nombreuses économies, sans pour autant cesser de vanter l’approfondissement de la libéralisation du commerce - via la poursuite du cycle de négociations de Doha dans le cadre de l’organisation mondiale du commerce - comme un moyen de contrer la récession mondiale.
Il est de plus en plus évident qu’on ne reviendra pas à ce monde largement dépendant de la prodigalité des consommateurs américains : la plupart d’entre eux sont sur la paille et personne n’a pris leur place. Par ailleurs, que cela prenne la forme d’un accord international ou de décisions unilatérales des gouvernements, toute une gamme de restrictions viendra très probablement encadrer les capitaux financiers, dont la circulation efrénée fut l’un des facteurs de la crise.
Pourtant le discours intellectuel témoigne encore assez peu de cette rupture avec l’orthodoxie. Le néolibéralisme, qui met l’accent sur le libre-échange, la primauté de l’initiative privée et un rôle de l’Etat réduit à sa plus simple expression, reste le langage par défaut des décideurs. Ceux qui, au sein de l’establishment, critiquent le fanatisme de marché, tels les économistes américains Joseph Stiglitz et Paul Krugman, s’enlisent dans d’interminables débats sur l’ampleur que doivent prendre les programmes de relance et sur la nécessité pour l’État de demeurer interventionniste ou bien de rendre les entreprises et les banques, une fois stabilisées, au secteur privé. Certains, dont Stiglitz, continuent par ailleurs de croire à ce qu’ils estiment être les bienfaits de la mondialisation tout en déplorant son coût social.
Reste que les choses évoluent bien plus vite que les idéologues ou les contempteurs de la mondialisation néolibérales, et des transformations jugées impossibles il y a encore quelques années sont aujourd’hui en passe de se concrétiser. “L’intégration économique mondiale recule sur quasiment tout les fronts“, constate ainsi The Economist. Les entreprises continuent de croire à l’efficacité des chaînes logistiques planétaires, assure le magazine britannique, mais ” c’est à son maillon le plus faible que l’on mesure la solidité d’une chaîne. Le danger surgira si des entreprises décident que c’en est terminé de ce type d’organisation de la production.”
La “démondialisation”, terme dont The Economist m’attribue la paternité, représente une évolution jugée négative par le magazine, grand chantre mondial de l’idéologie libérale. J’estime pour ma part que la démondialisation est une chance. Avec mes confrères de Focus in the Global South, nous avons présenté la démondialisation comme un modèle pouvant remplacer la mondialisation néolibérale il y a de cela prés de dix ans, quand les tensions, les épreuves et les contradictions de cette dernière étaient déjà douloureusement tangibles. Conçu comme une solution de remplacement essentiellement destinée aux pays en développement, ce paradigme est également pertinent pour les principales économies capitalistes.
Le modèle de la démondialisation se décline en 11 points clés :
1 - Le centre de gravité de l’économie doit être la production destinée au marché intérieur et non à l’exportation.
2 - Le principe de subsidiarité doit être inscrit dans la vie économique par des incitations à produire les biens à l’échelle locale ou nationale tant que cela peut se faire à des coûts raisonnables, afin de protéger la communauté.
3 - La politique commerciale (autrement dit les quotas et les barrières douanières) doit avoir pour objectif de protéger l’économie locale contre les importations de matières premières subventionnées, à des prix artificiellement bas.
4 - La politique industrielle (qui inclut subventions, barrières douanières et échanges commerciaux) doit avoir pour objectif de revitaliser et de renforcer le secteur manufacturier.
5 - Toujours remises à plus tard, les mesures de redistribution équitable des revenus et des terres (y compris la réforme foncière en milieu urbain) peuvent créer un marché intérieur dynamique qui deviendra le pilier de l’économie et produira au niceau local des ressources financières pour l’investissement.
6 - Accorder moins d’importance à la croissance, mettre l’accent sur l’amélioration de la qualité de vie et renforcer l’équité, c’est contribuer à réduire les déséquilibres environnementaux.
7 - La mise au point et la diffusion de technologies vertes doivent être encouragées tant dans l’agriculture que dans l’industrie.
8 - Les décisions économiques stratégiques ne peuvent être laissées au marché ni aux technocrates. Toutes les questions vitales (déterminer quelles industries développer, celles qu’il faut abandonneer progressivement, quelle part du budget de l’Etat consacrer à l’agriculture…) doivent au contraire faire l’objet de débats et de choix démocratiques.
9 - La société civile doit en permanence surveiller et superviser le secteur privé et l’Etat, selon un processus qui doit être institutionnalisé.
10 - Le régime de la propriété doit évoluer pour devenir une ” économie mixte ” intégrant coopératives et entreprises privées et publiques mais excluant les groupes multinationaux.
11 - Les institutions mondiales centralisées comme le FMI ou la Banque Mondiale doivent céder la place à ds institutions régionales batiés non sur l’économie de marché et la mobilité des capitaux,mais sur des principes de coopérations qui selon l’expression utilisée par Hugo Chavez pour décrire son Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), ” transcendent la logique du capitalisme “.
Le modèle de la démondialisation a pour objectif d’aller au delà de la théorie économique étriquée de l’efficacité, pour laquelle le critère essentiel est la réduction des coûts unitaires, quelles qu’en soient les conséquences en termes de déstabilisation sociale ou écologique. Il s’agit de dépasser un système de calcul économique qui, selon les termes de l’économiste JM Keynes, a transformé ” l’existence tout entière [en] parodie d’un cauchemar de comptable “.
A l’inverse, une théorie économique efficace renforce la solidité sociale en subordonnant les opérations du marché aux valeurs d’équité, de justice et de communauté et en élargissant le spectre du processus de décision démocratique.Pour reprendre le terme utilisé par le grand penseur hongrois Karl Polanyi (1886-1964) dans La Grande Transformation (Gallimard 2009), il s’agit, par le biais de la démondialisation, de réencastrer l’économie dans la société, au lieu de la laisser conduire la société.
Le paradigme de la démondialisation affirme par ailleurs qu’un modèle ” standard ” comme le néolibéralisme ou le socialisme bureaucratique centralisé est facteur de dysfonctionnement et de déstabilisation. C’est au contraire la diversité qu’il faut espérer et encourager, comme dans la nature. Des principe alternatifs, largement partagés, existent ; ils se sont déjà dessinés dans la lutte contre le socialisme centralisé ou le capitalisme ainsi que dans l’analyse critique de leur échec. Cependant,l’articulation concrète de ces principes ( dont les plus importants ont été esquissés plus haut) sera fonction des valeurs, des rythmes et des choix stratégiques de chaque société.
Aussi radicale qu’elle paraisse, la démondialisation n’est pas vraiment une idée nouvelle. Elle s’inscrit notamment dans la lignée des écrits de Keynes, qui, au plus fort de la crise des années 1930, affirmait sans ambages : ” Nous ne voulons pas …être à la merci des forces mondiales qui ouevrent, ou s’efforcent d’ouevrer, à un équilibre uniforme, conformément aux principes du laisser-faire capitaliste “. D’ailleurs, poursuivait-il, ” pour une gamme de plus en plus large de produits industriels, et peut-être également de produits agricoles, je ne pense pas que les pertes économiques dues à l’autosuffisance soient supérieures aux avantages autres qu’économiques que l’on peut obtenir en ramenant progressivement le producteur et le consommateur dans le giron d’une même organisation économique et financière nationale. L’expérience tend de plus en plus à prouver que la plupart des processus modernes de production de masse peuvent être maitrisés dans la plupart des pays et sous presque tous les climats avec une efficacité comparable “.
Enfin, avec des mots étonnamment contemporains, le brillant économiste concluait : “ Je sympathise [...] avec ceux qui souhaiteraient réduire au minimum l’interdépendance entre les pays, plutôt qu’avec ceux qui souhaiteraient la porter à son maximum. Les idées, la connaissance, l’art, l’hospitalité, les voyages : ce sont là des choses qui, par nature, doivent être internationales. Mais produisons les marchandises chez nous chaque fois que c’est raisonnablement et pratiquement possible : et, surtout, faisons en sorte que la finance soit en priorité nationale.“
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