Japon, priorité à la solidarité.

Tokyo,  11 mars 2011

Tokyo, 11 mars 2011

Laurent, un de mes neveux est arrivé au Japon jeudi 10 mars, soit la veille du séisme. Malgré les évènements et les catastrophes en chaines que nous regardons de notre continent, il choisit de rester dans ce pays avec ces gens qu’il aime. Voici ses raisons :

Peut être aurez vous du mal à comprendre mais si vous m’aimez alors je vous demande de lire et d’y réfléchir : Je suis en fait heureux – bien que cela puisse sembler horrible – d’être ici maintenant au milieu de ces évènements. Pourquoi ? Parce que j’aime ce pays. J’aime ce peuple et j’ai ici tellement d’amis que si j’étais bloqué de l’autre côté à les regarder, je ne pourrais pas le supporter. Etre ici aujourd’hui avec mes amis, dans ce pays, je sens un lien spirituel et je me sens en sécurité et je suis convaincu que je suis ici pour une raison – quelle qu’elle soit. Je ne sais pas encore mais j’ai six semaines pour la découvrir. Je sais que cela peut vous sembler absurde mais c’est la vérité. La générosité des gens dans ce pays actuellement est certainement l’un des élements les moins rapportés par les média. Les japonais nous traitent – nous les étrangers qui vivons ici (ou comme moi qui sommes bloqués ici pour une raison ou une autre) avec la même compassion et le même amour qu’ils ont pour leurs compatriotes. Et en retour le moins que nous puissions faire c’est de leur montrer que nous aimons leur pays et que nous apprécions leur gentillesse.

Je vais me déconnecter pendant quelques temps. Je suis en train de composer de la musique pour des dons, c’est tout ce que je suis en mesure de faire actuellement. Hier j’ai envoyé de l’argent via la croix rouge et demain, si je peux, je vais donner du sang (ils ont des règles strictes sur les dons de sang des étrangers). Ensuite, une fois que les choses seront plus calmes j’ai signé un engagement avec un groupe de tokyo et nous allons travailler ensemble pour aider les gens du nord du Japon du mieux possible dans la limite de nos moyens. Si vous avez un moment, s’il vous plait, faites un don. Je vous embrasse tous »

La priorité aujourd’hui, c’est la solidarité envers la population japonaise. Si vous souhaitez, vous aussi faire un don, Google propose un panel d’organisations sur Resources related to the 2011 Japan Crisis.

Ainsi, depuis une semaine, les yeux du monde sont tournés vers le Japon, confronté à une crise sans précédent. Séismes, tsunami et maintenant instabilité des centrales nucléaires font la une de l’actualité. En France, le débat sur la pertinence de ce mode de production d’énergie est à nouveau dans tous les esprits. Si un débat est nécessaire et légitime, il doit se tenir dans un contexte serein et dépassionné. Sur ce sujet fondamental, la précipitation et le dogmatisme sont deux écueils qu’il nous faut absolument éviter.

nucleaire

Nous devons évaluer les risques au niveau européen.

Notre pays ou l’un de ses voisins européens peuvent-il connaître une situation équivalente de celle de Fukushima ? C’est pourquoi le Mouvement Démocrate, par les voix des eurodéputés Marielle de Sarnez et Jean-Luc Bennahmias, a appelé à des tests de résistance de toutes les centrales nucléaires en Europe, en commençant par les plus vieilles dont la fermeture doit être programmée.
Pour eux, il va de soi qu’à long terme l’avenir énergétique de l’Europe ne pourra se résumer au développement de la technologie nucléaire. Comment accentuer la diversification de nos moyens de production énergétique et relancer les énergies renouvelables ?
Au vu de la situation actuelle et des enjeux énergétiques considérables, le Mouvement Démocrate défend « une attitude proactive de l’UE, capable d’inciter les États membres à accentuer leurs efforts en matière de recherche et développement ». C’est, de toute évidence, la seule façon d’assurer l’avenir énergétique de l’ensemble des européens.

En France : mettons en place les conditions d’un débat serein

Le drame que vit le Japon est « une remise en question de toute notre manière de voir le monde, le progrès, le développement de nos pays », estime François Bayrou. Si dans « le pays le plus technologiquement avancé de la planète, on a le drame, le dérapage général devant lequel on se trouve, alors naturellement ça remet en question y compris notre manière de voir les choses », a-t-il ajouté.

« Quand l’émotion sera retombée et l’urgence japonaise passée, nous aurons la responsabilité d’examiner la situation en France », poursuit Yann Wehrling.
Ce débat devra porter sur l’avenir non pas du nucléaire mais de l’énergie en France et en Europe. Ne parler que du nucléaire serait comme parler de l’ingrédient d’un plat sans parler du plat lui-même. Les pays qui ont décidé de se passer du nucléaire ont du rouvrir des centrales au charbon ou au gaz, avec les effets d’émissions de CO2 qui en résultent.

Quelles alternatives pouvons-nous envisager ?
La consommation énergétique de la France repose à quatre-vingt pour cent sur des énergies de flux – à savoir le pétrole, le gaz et dans une moindre mesure la biomasse pour la circulation des véhicules, le chauffage, les industries -, et à vingt pour cent sur l’électricité.

L’électricité est produite à quatre-vingt pour cent par le nucléaire et à vingt pour cent par un mixte charbon, gaz, hydroélectrique, ainsi que par une faible part d’énergies renouvelables que sont l’éolien, le solaire ou le bois (environ cinq pour cent).

Quand on additionne tout (électricité et flux), le renouvelable constitue moins de quinze pour cent de notre production d’énergie en France, le nucléaire seize pour cent.
« A ce stade, les pistes raisonnables, serait d’envisager une réduction de notre production électrique d’origine nucléaire, avec un objectif de cinquante pour cent, au lieu de quatre-vingt pour cent, à un horizon de 20 ans », propose Yann Wehrling. Dans un premier temps, ceci doit permettre de fermer les centrales nucléaires les plus vieilles, dont celle de Fessenheim. « Il faudra donc trouver en 20 ans une source de remplacement de l’énergie nucléaire pour trente pour cent de notre production électrique », précise-t-il.
Le Mouvement Démocrate propose de rééquilibrer les moyens de la recherche publique en faveur des énergies renouvelables, alors que la majorité de ces moyens est aujourd’hui dévolue au nucléaire. « Cela implique de cesser de mettre des bâtons dans les roues au développement de ces énergies, notamment le photovoltaïque et l’éolien », ajoute le porte-parole du MoDem. A terme, quinze à vingt pour cent pourraient alors être fournis par l’éolien, le photovoltaïque et la biomasse (bois et énergie issue des déchets). L’autre moitié, de dix à vingt pour cent, doit être le résultat d’une politique offensive de réduction et d’efficacité énergétique.

C’est pourquoi le Mouvement Démocrate propose de soutenir activement une filière de l’efficacité énergétique, qui travaillerait d’une part à l’amélioration optimale de la performance énergétique des machines et, d’autre part, au développement à grande échelle d’un réseau électrique intelligent qui permettrait en temps réel, dans chaque foyer d’optimiser les consommations énergétiques. Quoi qu’il en soit, nous devons avoir à l’esprit que nos choix ne devront pas empêcher les générations futures d’en faire d’autre. Retrouver le dossier complet.

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Une réponse à Japon, priorité à la solidarité.

  1. Mamouchka dit :

    Après guerre, la France, à travers la planification fixait des objectifs à atteindre pour répondre aux défis de l’avenir.
    De la sorte, nous avons eu des centres de recherches et des domaines d’activités économiques de pointe (Aéro-spaciales, ferroviaires, recherche fondamentale … nucléaire …).
    Tout ceci a été progressivement remis en question ( http://www.aeroplans.fr/Europespace/cygnus-expert-ixv-carriere-solo-italie.html ) depuis 1995.
    Il devient nécessaire d’y revenir pour que nous puissions réactiver dans de bonnes conditions écologiques l’exploitation des terres rares utilisées en électroniques (spatiale, aéronautique, éolien …), installer une filière nationale de l’éolien et du photovoltaïque …
    Les compétences sont là, les fonds sont « dérivables » d’un budget à l’autre … et l’emploi, local.

    Mamouchka.

    PS. Si les Japonnais sont si solidaires entr’eux, c’est aussi parce que leur Etat ne l’est pas avec ses citoyens … comme aux Etats-Unis.

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