Le courage de la vérité.

photo François Bayrou.Vendredi 24 septembre. Travaux. 12 Regarder la situation du pays en face, dire la vérité et choisir de dépasser le clivage UMP-PS pour offrir un autre projet, ce sont là certainement, les points qui m’ont fait revenir en politique. Trois ans plus tard, c’est toujours d’actualité et continuer de dire la vérité en politique, davantage qu’hier, c’est un acte de courage. Sur le dossier des retraites, l’hérétique s’étonne du silence des socialistes face aux propos de François Bayrou sur Europe 1 :

 » Les manifestants croient que le PS est avec eux, en fait il prépare une réforme des retraites encore plus dure »

Il me semble (en toute modestie) que cette vertu  » du courage de dire la vérité  » ( surtout en politique, car qui prend le risque aujourd’hui de dire la vérité est de mettre ses actes en conformités ?) est ancrée au Modem. Ce thème du courage est abordé dans l’excellent essai de Cynthia Fleury, La fin du courage – Fayard. Voici un extrait de la quatrième de couverture et quelques passages notables.

Dans cet essai enlevé, Cynthia Fleury rappelle qu’il n’y a pas de courage en politique sans courage moral et montre avec brio comment la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l’individuel et le collectif. Car si l’homme courageux est toujours solitaire, l’éthique collective du courage est seule durable.

[Revendiquer le courage politique indépendamment du courage moral est peine perdue, l’un alimente l’autre, aussi surement que le second vient rasséréner le premier.] [ La fin du courage politique ou moral signe l’émergence du ça pulsionnel, infantile, non distancié d’avec soi-même et producteur des barbaries les plus triviales et assourdissantes.]

[…le dire vrai parrèsiastique n’affronte pas le mensonge politique ou public – ce qui serait, somme toute, relativement aisé – mais le paraître vrai, le langage qui fait semblant d’être vrai, la parole qui se donne l’apparence démocratique.] [Exiler l’âme…exiler l’esprit pour mieux -triste illusion- agir, du moins le croire. Découpler le politique et la morale pour mieux inventer le pragmatisme alors qu’on prépare sa fin.] [ La parrèsia est donc, en duex mots, le courage de la vérité chez celui qui parle et prend le risque de dire, en dépit de tout, toute la vérité qu’il pense, mais c’est aussi le courage de l’interlocuteur qui accepte de recevoir comme vraie la vérité blessante qu’il entend. ]

[L’enjeu démocratique pourrait alors se définir comme le régime institutionnalisant entre les individus non pas des liens de pouvoir qui contraignent sans réciproque, mais cette exigence éthique, parrèsiastique.] [Et là tout se différencie par rapport aux discours des hommes politiques actuels, qui adaptent et varient leurs propos en fonction de leur auditoire, en ne les indexant à aucune vérité, si ce n’est celle de l’instant et de la cible à convaincre ou à séduire, ne s’obligeant à rien mais vociférant, au contraire, des paroles qui décrédibilisent l’ordre nécessaire de la promesse…]

[ Rénover l’espace politique démocratique passera nécessairement par la confrontation avec le dire vrai : une politique adulte ne peut manquer à l’avenir d’être également une épistémologie du courage.]

[…manquer de courage, c’est capituler devant le déshonneur des élites et la défiance qu’il entérine. Les sociétés de défiances sont des sociétés du déshonneur. Et c’est pourquoi, tel Albert Camus, il faut déclarer : Nous ne sommes pas des hommes de haine. Mais il faut bien que nous soyons des hommes de justice.]

Le moment du courage se décide seul, souvent un moment de refus, mais il se développe collectivement et pour l’intérêt général ; bonne lecture, bonnes réflexions…

Philippe FINTONI

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Une réponse à Le courage de la vérité.

  1. Mamouchka dit :

    C’est une autre façon de rester « droit dans ses bottes » : on ne parle pas, on agit… à quel prix ?
    Je reste persuadée que celui qui perd tout est le plus honnête .
    Il y a peu de « pauvres » chez les « politiques ».

    Mamouchka.

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