Veni, vidi, « Vinci ».

Les 2 pistes du Montreal International Airport- caribb_Flickr

Les 2 pistes du Montreal International Airport- caribb_Flickr

C’est donc Vinci qui est retenu par Jean Louis Borloo, ministre de l’environnement et du développement durable, comme concessionnaire  pour une durée de 55 ans du futur grand aéroport de l’ouest. C’est une nouvelle victoire pour ce « triumvirat » des politiques favorable au projet que sont l’Etat UMP, les collectivités territoriales PS et l’oligopole de la CCI et du BTP. Mais la guerre est-elle gagnée pour autant ?

L’impôt de la plèbe au secours des consuls, gouverneurs et autres praticiens.

Ainsi, Vinci première entreprise de BTP au monde et ses partenaires ( ETPO et la CCI de Nantes-St Nazaire) font une belle affaire, une affaire rare je pense, dans le monde des affaires. Car cette concession garantie à l’exploitant un soutien financier des collectivités locales en cas de déficit. J’allais dire belle négociation mais ce n’est même pas une négociation. Pour ceux qui pratique le monde de la négociation, de la grande distribution par exemple, il n’est pas rare de se voir demander une compensation de marge en cas de concurrence des prix sur vos produits et donc de dégradation du compte d’exploitation. C ‘est à dire que le distributeur demande au fournisseur d’assumer financièrement ses risques de commerçant, ce qui est bien évidemment et heureusement interdit par la loi. Eh bien pour notre futur aéroport, le contribuable assumera financièrement les risques pour le concessionnaire, est-ce bien légal ? C’est en tout moralement malhonnête vis à vis des contribuable utilisés comme bouclier financier.

Nous serons déjà sollicité à travers les 115 millions d’euros apportés par les collectivités locales. On parle d’une délégation de service public lors de la signature de l’accord de financement, ce point est à creuser. Mais comment justifier, pour le département, ces investissements supplémentaires quand on annonce ne pas subvenir aux charges actuelles ?

Comme César face au Sénat romain, cet actuel « veni, vidi, vinci » est un camouflet à la démocratie. Alors,  Alea jacta est ?

Devant l’entente parfaite sur ce dossier de l’UMP et des ténors du PS, le sort en est-il vraiment jeté ? Nous voyons bien que la stratégie d’alliance d’Europe Ecologie avec le PS ne lui permet pas en région de bloquer ce dossier, c’est inefficace.

Il faut donc que la plèbe trouve une autre solution pour arrêter le projet de transfert, s’unir avant d’agir.

Philippe FINTONI

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Une réponse à Veni, vidi, « Vinci ».

  1. Mamouchka dit :

    S’il y a DSP, il y a contrat.
    Il s’élabore selon des obligations établies au sein d’une commission ad hoc dont la constitution doit figurer dans le recueil des actes administratifs de la collectivité concédante (avec détail sur sa composition).
    Il faudrait aller y voir !

    En sachant s’il y a concession, par qui, vous pouvez demander la copie du contrat de concession auprès du concédant. Il faudra peut-être insister auprès de la CADA si la communication n’est pas faite par « retour du courrier » …

    Quant à l’analyse du document, je veux bien participer.
    J’ai également un contact spécialisé dans les DSP qui saura nous éclairer et nous aider s’il faut aller plus loin.

    Mamouchka.

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