Droit de grève sanctionné.

C’est une décision judiciaire surprenante que vient de rendre le tribunal de Grande Instance de Saint Nazaire à l’encontre de la section CGT de l’entreprise Halgan. Celle-ci a obtenu du tribunal une ordonnance d’expulsion des grévistes. Mais cette demande de la direction et la réponse judiciaire sont les symptômes d’une société – au sens global du vivre ensemble – qui se parle peu , qui ne s’écoute pas, qui se radicale pour le moins.

Les prises de positions extrêmes de chaque protagoniste – piquet de grève entravant le fonctionnement de l’entreprise d’un côté et demande d’expulsion de l’autre – sont aussi le reflet et/ou l’aboutissement dans notre économie de contradictions fortes : performance, pérennité de l’entreprise et grille salariale équitable, juste et donc motivante.

L’entreprise Halgan spécialisée dans la mécanique de précision, l’usinage, la chaudronnerie ou l’assemblage est un sous-traitant local d’Airbus. C’est dans le schéma classique des négociations salariales  que direction et instances représentatives du personnel peinent à trouver un accord pour l’année en cours. Je ne rentrerais pas ici dans le détail des négociations que je ne connais pas, un moment toujours délicat pour les deux parties mais cette actualité s’inscrit dans le débat fondamental et incontournable de la juste redistribution de bénéfices et de la valeur ajoutée réalisées par une entreprise, c’est à dire par l’ensemble des salariés ; c’est aussi un exemple qui illustre un sujet voisin, l’échelle de salaire dans une entreprise, les écarts acceptables par tous.

Au même moment, l’Insee publie une étude sur les revenus et le patrimoine des français, analyses qui confirment que les écarts se creusent entre les plus modestes et les plus riches, que les classes moyennes souffrent, que les travail partiel est un handicap…

La transformation depuis 30 ans de notre économie (globalisée, délocalisée, financiarisée…) aboutit maintenant à une « société d’inégalités croissantes » qui dérive, s’extrêmise et devient menace pour la démocratie. Il est temps de reprendre le chemin de la relocalisation, seule solution pour retrouver du pouvoir d’achat et sortir des affrontements.

Philippe FINTONI

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Une réponse à Droit de grève sanctionné.

  1. Fultrix dit :

    Pouvez-vous détailler la situation pour que nous puissions évaluer la situation en droit ?
    Y-a-t-il une occupation de site, après échec de négociation ?
    Y-a-t-il un lock-out en réponse ?
    Est-ce une grève avec occupation d’usine ?

    Ce qui n’empêche pas que maintenant, pour simplement avoir l’occasion de « discuter » avec la direction, nombres de salariés sont obligés de recourir à des manières un peu « limite », avec l’analyse pertinente que vous en faites.
    Le groupe « finances publiques » avait eu l’occasion d’en débattre du temps ou les « Molex » défrayaient la chronique.

    Fultrix.

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