Hiérarchiser ses valeurs.

Bord de Loire, vue de Paimboeuf

Bord de Loire, vue de Paimboeuf

On parle beaucoup de valeurs en ce moment et deux attitudes peuvent  détruire  les bonnes intentions du départ.  Premièrement,  ne pas laisser ses convictions  vous enfermer ou vous entraînez vers un « extrémisme » et deuxièmement, dans notre société complexe, hiérarchiser ses valeurs pour définir les objectifs essentiels.

Le dossier local de création d’un port à sec à Frossay et ses multiples rebondissements est assez révélateur des deux points.

Confrontation économique et écologique.

La société  Marzan Marine Développement que l’on peut qualifier de compétente, sinon d’experte, est choisie en 2007 par la CCSE pour créer un port à sec sur la rive sud de la Loire, le potentiel économique est établit, plus de 20 emplois sont annoncés. La zone d’implantation est très sensible, proche du site Natura 2000, en partie sur une zone ZNEIFF (Zone Nature d’Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique) et ZICO (Zone Importante pour la conservation des Oiseaux). C’est sa roselière typique du bord de Loire qui est ici un cadre particulier de biodiversité. Ainsi, la création d’un parc de stockage de bateaux, d’un hangar de plus de 2800 m2, d’une aire de carénage, d’une darse, d’un ponton peut paraître dangereuse pour ce site naturel.

Un dossier économique et écologique compatible.

Pour ces raisons et d’autres, l’entrepreneur a voulu une réalisation exemplaire en matière environnementale et le chantier ainsi que les bâtiments seront aux nouvelles normes environnementales. Compte tenu du lieu, il était normal que des études d’impacts et des recommandations soient données pour enfin obtenir l’aval du préfet. C’est lors de la révision du POS de la commune accueillante que la LPO et Bretagne Vivante ont déposé un recourt. Les motivations exposées illustrent mon propos d’introduction.

Le président de la LPO44 déclare, l’étude d’impact nous semble insuffisante. Certes l’endroit est du remblai artificiel, mais cette zone a retrouvé un intérêt écologique. Ce n’est pas un remblai stérile. L’étude d’impact sur la faune et la flore a sous-estimé cet aspect. ET le président de Bretagne Vivante d’ajouter, Une vie s’est développée, notamment pour les batraciens.

Ils ajoutent en qualité de membres du conseil portuaire : Ce port à sec est dans un endroit clé, il peut bloquer d’autres projets du Grand port maritime sur les 300 hectares du Carnet. Nous ne sommes pas contre un port à sec, mais il faut d’abord avoir une vision globale sur ce site du Carnet avant d’implanter des entreprises.

Cette dernière déclaration, au regard du contexte économique actuel et de la nature du projet proposé, me semble… irréelle. Comprenons bien, un dossier économique à fort potentiel basé sur l’activité nautique, ayant pris des garanties pour préserver au mieux l’environnement naturel est bloqué pour attendre d’avoir une vision globale de l’aménagement de la zone (Doit-on attendre longtemps…?) et pour préserver des batraciens qui se sont implantés sur du remblai déposé dans les années 70.

Le taux d’emplois est source d’espoir ou de précarité.

Je crois que chacun a bien conscience qu’on ne peut pas (sur cette zone sensible et ailleurs), qu’on ne peut plus faire n’importe quoi sous prétexte de créer des emplois. Et dans le cas présent, cette dimension est prise en compte. Il faut maintenant hiérarchiser les valeurs, les enjeux pour avancer et répondre aux questions : 20 salaires nouveaux dans 20 familles ou la tranquillité des batraciens ? L’homme respectueux de sa nature environnante ou sanctuariser la nature sans prendre en compte les conséquences humaines ?

J’espère que cette entreprise prendra forme rapidement, les consultations sont en cours.

Pour illustrer mon propos et méditer sur le sujet des dérives et des démesures… ces paroles d’un de mes frère :  l‘intelligence est soluble dans des convictions trop fortes.

Philippe FINTONI

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Une réponse à Hiérarchiser ses valeurs.

  1. Mamouchka dit :

    Ah, les batraciens !
    Bestioles bruyantes à la saison des amours … Vous imaginez-vous un tel voisinage si le climat se déréglait et qu’il n’y ait plus de saison !…

    Blague à part, encore faut-il savoir jusqu’où s’arrête la côte aménageable.
    Si vous aviez à nous présenter une vue aérienne du coin, histoire d’élever le débat et éclairer notre « balise » ?!

    Quelle différence y a-t-il entre un « port à sec » et un « port d’échouage », parce qu’au risque de pratiquer une lapalissade, » les bateaux, çà va sur l’eau ! Non ? »

    Il n’empêche, il faut tout de même penser aux zones humides, elles sont rares, elles servent de zones de filtration des eaux et de pouponnières aux animaux marins …

    Mamouchka.

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